La Bible est saturée de miracles. Pour les croyants, ils constituent une confirmation de la Parole de Dieu. Pour les incroyants, ils représentent une pierre d'achoppement — voire des contes de fées dignes d'un autre âge. La question mérite d'être posée sérieusement : les miracles sont-ils possibles ? Sont-ils crédibles ?
Beaucoup rejettent les miracles à partir d'une définition problématique : un miracle serait une « violation des lois immuables de la nature ». Cette conception repose sur une vision déiste de Dieu — un Dieu qui aurait créé le monde, établi ses lois, et ne pourrait plus intervenir sans contredire sa propre nature. Spinoza l'exprimait ainsi :
« Si un événement contraire à ces lois pouvait survenir, alors la volonté et la connaissance divines seraient en contradiction avec la nature divine... Les miracles sont donc impossibles. » Baruch Spinoza
Mais ce raisonnement repose sur une physique dépassée — la physique newtonienne du XVIIe siècle. La science moderne comprend les lois naturelles de manière fondamentalement différente. Les lois de la nature sont descriptives, non prescriptives : elles décrivent ce qui se passe habituellement, elles ne dictent pas ce qui doit arriver. Ce sont des probabilités statistiques, non des faits immuables. Il n'y a donc pas de « violation » si un agent extérieur intervient dans le cours normal des événements.
David Hume proposait un autre argument : « Un homme sage proportionne ses croyances à l'évidence. » Les miracles sont singuliers par définition ; la fréquence de l'expérience ordinaire constitue une preuve écrasante contre eux. Donc, un homme sage ne croira jamais aux miracles.
Geisler et Brooks répondent par une analogie éclairante : cet argument revient à dire que vous ne devriez pas croire que quelqu'un a gagné à la loterie, simplement parce que des milliers de personnes ont perdu. La singularité d'un événement n'est pas une preuve de son impossibilité — c'est simplement une indication qu'il est rare.
Un miracle n'est pas une violation des lois de la nature — c'est une intervention divine dans le cours régulier du monde. Les lois de la nature sont descriptives, non prescriptives. L'existence de Dieu rend les miracles non seulement possibles, mais attendus.
Geisler et Brooks proposent une définition rigoureuse :
« Un miracle est une intervention divine dans le cours régulier du monde, ou une interruption de celui-ci, qui produit un événement intentionnel mais inhabituel. » Norman Geisler & Ron Brooks — When Skeptics Ask
Cette définition est précieuse parce qu'elle ne présuppose pas l'impossibilité du miracle — elle reconnaît simplement que les miracles sont des événements inhabituels produits par une intervention divine intentionnelle.
Les miracles de Jésus ont été accomplis devant de nombreux témoins, dans des lieux et à des moments précis. Ils peuvent être soumis à la méthode historique. Leur crédibilité est directement liée à la crédibilité historique des Évangiles — qui est elle-même une question légitime que l'apologiste chrétien doit être prêt à aborder.
Toutes les religions revendiquent des miracles. Mais toutes ne disposent pas de preuves historiques comparables. Le christianisme est à cet égard unique : il est « testable » d'une manière que peu d'autres traditions religieuses peuvent revendiquer.
La résurrection de Jésus est le miracle central du christianisme. Jésus lui-même l'a annoncée comme la preuve décisive de son identité divine (Matthieu 12:39–40 ; Jean 2:19–21). Les preuves en sa faveur sont abondantes :
Si Dieu existe — et les arguments en faveur de son existence sont solides — alors les miracles sont possibles par définition. Et si les miracles sont possibles, la résurrection de Jésus, avec ses abondantes évidences historiques, constitue le miracle le mieux attesté de l'histoire humaine.
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